
Là-haut, sur l’estrade, la présidente tenait entre ses mains un fichier Excel, dont elle égrenait le contenu avec l’application d’une maîtresse d’école. « L’ouverture de la cavité buccale a été faite à main nue sur les 62 chiens appartenant à la meute. » « Les mesures ont été réalisées au vernier [une réglette métallique graduée] à la base des crocs et au mètre ruban, à leur apex. » Dehors, en ce mercredi 4 mars, le ciel était bleu limpide et l’on s’ennuyait ferme, au tribunal correctionnel de Soissons (Aisne), au deuxième jour du procès de Christophe Ellul, jugé pour l’homicide involontaire de sa compagne Elisa Pilarski, dont le corps, partiellement déchiqueté, avait été retrouvé, le samedi 16 novembre 2019, en forêt de Retz.
Depuis sept ans, Christophe Ellul conteste le dossier qui désigne son chien Curtis comme le seul meurtrier d’Elisa Pilarski, enceinte à l’époque de six mois. Avec son avocat, il accuse les chiens de la chasse à courre qui se tenait au même moment sur les lieux et suspecte le patron des gendarmes, hôte de cette chasse, de les avoir protégés. La veille, il avait lancé au tribunal : « J’ai plus ma femme, j’ai plus mon fils. Je veux savoir la vérité. Si Curtis est coupable, piquez-le, mais mettez-moi les preuves sur la table. » « Moi, je me bats contre deux institutions, la chasse à courre, qui est très puissante, et la gendarmerie, et je continuerai mon combat jusqu’au bout », répétait-il mercredi matin.
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