Le président chilien, José Antonio Kast, s’exprime aux côtés d’un groupe de soldats près du poste-frontière de Chacalluta, à la frontière entre le Chili et le Pérou, le 16 mars 2026.

Le gouvernement du président chilien, José Antonio Kast (extrême droite), a annoncé, lundi 30 mars, la suspension de la régularisation de près de 182 000 migrants prévue par l’administration de son prédécesseur, Gabriel Boric.

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José Antonio Kast a pris ses fonctions à la tête du pays andin le 11 mars, avec la promesse d’imposer une « main de fer » à l’immigration irrégulière. Le chef de l’Etat le plus à droite du Chili depuis la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990) associe l’augmentation de la criminalité à l’arrivée de migrants en situation irrégulière ces dernières années.

Selon un communiqué du service des migrations transmis à l’Agence France-Presse (AFP), le gouvernement de Gabriel Boric (gauche) avait adopté un décret prévoyant la régularisation de 182 000 personnes ayant participé à un processus de recensement de migrants entrés illégalement dans le pays. Le texte n’était pas encore entré en vigueur.

« Nous n’allons pas procéder à une régularisation massive, comme l’avait proposé le gouvernement Boric », a affirmé le directeur du service des migrations, Frank Sauerbaum. « Heureusement [le décret] n’a pas été mis en œuvre, car nous avons appris aujourd’hui que 6 000 personnes sur les 182 000 avaient déjà commis un délit », a ajouté l’autorité.

Barrière à la frontière

Cinq jours après sa prise de fonctions, le président Kast s’était rendu dans la région d’Arica, à la frontière avec le Pérou, pour superviser la construction de barrières destinées à empêcher l’entrée de migrants dans les trois régions du nord du pays. Il avait fixé un délai de quatre-vingt-dix jours pour leur achèvement.

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Le gouvernement a également annoncé une augmentation du nombre de militaires déployés aux frontières, ainsi qu’un renforcement de leurs moyens de surveillance, incluant des drones, des caméras et des équipements spécialisés.

Le gouvernement prévoit d’adresser au Parlement deux projets de loi destinés à freiner la migration, dont l’un sanctionnerait les personnes aidant les migrants à entrer irrégulièrement au Chili et l’autre érigerait en délit l’entrée illégale sur le territoire.

« [Ces dernières années], le Chili a été fragilisé par l’immigration illégale, le narcotrafic et le crime organisé », a affirmé à la presse M. Kast, lundi. Selon des données officielles, près de 337 000 migrants en situation irrégulière vivent au Chili, principalement des Vénézuéliens. M. Kast a promis de promouvoir leur expulsion.

Il a toutefois écarté l’idée d’interpellations en masse. « Nous ne voulons pas mener une traque lieu par lieu. Mais chacun sait qu’il devra, à un moment donné, se confronter à l’Etat », avait-il assuré en mars à la presse locale.

Le Monde avec AFP

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