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Un an après la tentative d’expulsion par le gouvernement brésilien des milliers d’orpailleurs clandestins qui ont provoqué une crise sanitaire dans la réserve indigène des Yanomami, dans l’Etat du Roraima (dans le nord de l’Amazonie), la population locale dénonce la reprise des activités minières sur leur territoire.

« Nous ne savons pas combien ils sont, ni combien de mines restent actives, mais nous savons que l’orpaillage augmente tous les jours », alertait Dario Kopenawa Yanomami, un dirigeant du peuple indigène yanomami, le 14 septembre 2023 dans le journal Valor Econômico. « Les Yanomami n’arrivent plus à dormir à cause du bruit des avions [utilisés par les orpailleurs pour se ravitailler et transporter l’or], des moteurs et des machines », poursuivait-il.

Sur place, la situation sanitaire est inquiétante. « Les maladies sont de retour », pointe Dinamam Tuxa, coordinateur exécutif de l’Articulation des peuples autochtones du Brésil. Selon le ministère de la santé, 308 Yanomami sont morts entre janvier et novembre 2023, presque autant qu’en 2022 (343), notamment des suites de pathologies provoquées par des parasites (36), comme le paludisme, ou de malnutrition (29). Parmi les morts de 2023, plus de la moitié (162) étaient des enfants de moins de 4 ans.

Pollution au mercure

Ces maladies sont la conséquence directe de l’orpaillage : la déforestation, liée à la construction des chantiers des mines, ainsi que l’eau qui stagne dans les fosses abandonnées favorisent la prolifération de moustiques porteurs de parasites. En outre, le mercure utilisé pour séparer l’or du minerai contamine les rivières et tue la faune, privant les quelque 30 400 autochtones d’une partie de leurs moyens de subsistance.

Lire aussi (2019) : Article réservé à nos abonnés Au Brésil, le territoire des indiens Yanomami mis en péril par l’explosion de l’orpaillage

Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, avait pourtant promis, en début de mandat, en 2023, qu’il allait « mettre un terme » à l’orpaillage illégal. Sous le gouvernement de son prédécesseur, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), la baisse des fonds attribués à l’Ibama, l’agence nationale de l’environnement, et à la Funai, chargée de la protection des droits des indigènes, avait favorisé l’entrée massive d’orpailleurs dans la région. La mort de 570 enfants Yanomami de moins de 5 ans de maladies évitables sous son mandat et des images montrant des indigènes squelettiques avaient alors suscité l’indignation.

Accusant son prédécesseur de « génocide », Lula n’avait pas tardé à agir. Dès le 22 janvier 2023, il déclarait « l’urgence sanitaire » dans le territoire et fermait, dix jours plus tard, l’espace aérien du territoire indigène des Yanomami, qui s’étend sur 9,6 millions d’hectares, afin de couper le ravitaillement des orpailleurs.

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