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Le 23 mars 2018 en milieu de matinée, Radouane Lakdim, un délinquant radicalisé de 25 ans, se rend sur le parking des Aigles, à Carcassonne, connu dans la région comme un lieu de rendez-vous prisé par la communauté homosexuelle. Il y croise un jeune homme qui fume dans un sous-bois et lui demande ce qu’il fait là. Le jeune homme lui répond qu’il fume une cigarette. Radouane Lakdim lui tire une balle dans la tête. Renato Gomes, 26 ans, survivra miraculeusement à sa blessure. Quelques instants plus tard, le terroriste abat d’une balle dans la tempe un autre homme qui cheminait sur un sentier : Jean Mazières, un viticulteur à la retraite de 61 ans, meurt sur le coup.

On l’oublie parfois. Le périple meurtrier de Radouane Lakdim, qui a assassiné quatre personnes ce jour-là à Carcassonne et dans un Super U de Trèbes (Aude), a commencé par un crime homophobe. Cette attaque djihadiste, dont le procès s’ouvre, lundi 22 janvier, devant la cour d’assises spéciale de Paris, est à ce jour le seul attentat réussi à avoir visé la communauté homosexuelle en France (plusieurs projets de cette nature ont été déjoués ces dernières années).

Petit trafiquant de drogue sans envergure, Radouane Lakdim, qui était « fiché S », ne faisait pas mystère de son aversion pour les homosexuels. Ni de sa haine des « mécréants », des policiers et plus généralement de la France. Ce sont d’ailleurs des policiers qui seront victimes, quelques instants après ce premier crime, du deuxième chapitre de son équipée meurtrière. Tandis qu’il circule en voiture dans les rues de Carcassonne, armé de son pistolet automatique, le djihadiste croise la route, vers 10 h 30, de quatre CRS qui font leur footing. Il ouvre le feu et blesse un policier, Frédéric Poirot, d’une balle dans le thorax.

« J’ai allumé deux pédés là-haut »

Le dernier acte de cette chevauchée sanglante, celui qui a marqué les mémoires, a pour décor le Super U de Trèbes, une commune limitrophe de Carcassonne. Dès son irruption dans le magasin, vers 10 h 40, le terroriste abat d’une balle dans la tête le chef boucher, Christian Medves, 49 ans, tandis que ce dernier discutait avec une caissière. Dans les allées, entre le rayon bio et les produits ménagers, les chariots se figent quelques instants avant de reprendre leur routine. Chacun pense à une « palette » tombée au sol, ou à des « pétards ».

Quelques secondes plus tard, le terroriste se présente dans le dos d’un client : « Toi, c’est gratuit », lâche-t-il avant de tirer une balle dans le crâne d’Hervé Sosna, 65 ans. Après avoir semé la terreur dans les rayons, Radouane Lakdim finit par prendre en otage une caissière, Julie L. (qui a demandé à garder l’anonymat), et s’enferme avec elle dans un local servant de réserve et de salle des coffres. Leur tête-à-tête dans ce réduit durera près d’une heure.

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