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Il était venu pour tuer en France, envisageait plutôt de le faire à Paris mais s’est arrêté à Nice. Brahim Aouissaoui, le suspect de l’attentat de la basilique de Nice, dans lequel trois personnes ont été tuées au couteau en dix minutes dans la matinée du 29 octobre 2020, a été renvoyé devant la cour d’assises spécialement composée au terme d’une ordonnance de mise en accusation datée du 13 octobre 2023, que Le Monde a pu consulter. Le migrant tunisien, aujourd’hui âgé de 24 ans, est accusé d’assassinats et de tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste.

L’attentat de la basilique de Nice est le troisième acte d’un automne sanglant dont la mécanique infernale s’est enclenchée le 2 septembre 2020 avec la republication par Charlie Hebdo des caricatures du prophète Mahomet le même jour que l’ouverture du procès de l’attentat du 7 janvier 2015. Une semaine plus tard, des médias et franchises d’Al-Qaida appelaient à trois reprises à frapper la France en représailles. Le 25 septembre, un ressortissant pakistanais blessait à l’arme blanche deux personnes rue Nicolas-Appert, à Paris, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo. Le 16 octobre, un jeune Tchétchène assassinait et décapitait le professeur d’histoire-géographie Samuel Paty pour avoir montré en classe des caricatures du prophète. Le 25 octobre, un média proche d’Al-Qaida appelait à « égorger » des Français dans « leurs églises ». Brahim Aouissaoui frappait quatre jours plus tard.

Cette chronologie est essentielle, car elle va accompagner et même dicter le périple migratoire de Brahim Aouissaoui. Né en 1999 à Jhina, dans la province de Kairouan, Brahim Aouissaoui a grandi avec six frères et sœurs dans une famille pauvre installée dans la banlieue de Sfax, à 270 km au sud de Tunis. Adolescent difficile au tempérament bagarreur, consommateur d’alcool et de stupéfiants, il a complètement changé d’attitude en 2018, devenant très religieux et renfermé, ne fréquentant plus que des salafistes, dont certains impliqués dans des dossiers terroristes.

Lire aussi (2020) : Article réservé à nos abonnés A Nice, ville martyre et déchirée : « Ecrivez-le, surtout écrivez-le, que la vie est plus forte que le fanatisme »

Mi-septembre, il revend à un ami son commerce illicite d’essence et part sans prévenir sa famille pour l’Europe en embarquant, le 18 septembre, à bord d’une embarcation pour migrants. Il débarque le 20 sur l’île de Lampedusa pour être placé dès le lendemain en quarantaine sur un navire pour cause de pandémie de Covid-19. Il y reste jusqu’au 9 octobre, à Bari, avec un ordre de quitter le territoire italien sous sept jours en poche. Le lendemain, il achète un billet de bus pour se rendre en Sicile, où il a une connaissance qui peut lui trouver du travail.

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