Histoires Web vendredi, février 20
« Après y avoir été présents de Georges Pompidou à Jacques Chirac, les enjeux artistiques n’intéressent plus à l’Elysée »

Le 7 février, Jack Lang est contraint de démissionner de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA) en raison de ses liens avec Jeffrey Esptein. Le 12 février, une fuite d’eau au Musée du Louvre ruine un plafond peint par Charles Meynier, au XIXe siècle, accident qui survient après le vol de bijoux de la couronne de France, le 19 octobre 2025, et un premier dégât des eaux, quelques semaines plus tard. Pendant ce temps, les travaux commencent au Centre Pompidou, si considérables que le bâtiment est fermé pour longtemps – jusqu’en 2030 selon les prévisions les plus optimistes.

Il semble n’y avoir aucun rapport entre ces faits, si ce n’est leur concomitance. Pour deux d’entre eux, il suffit néanmoins d’un peu d’histoire pour établir une relation : le Louvre, dans son état actuel, est né de la volonté de François Mitterrand, élu président de la République en 1981. Il contraint alors le ministère des finances à libérer l’aile du palais qu’il occupe le long de la rue de Rivoli et fait s’engager un chantier dont la pyramide est le signe monumental.

Le projet lui a été proposé dès 1981, par Jack Lang, ministre de la culture de 1981 à 1986 et de 1988 à 1993. Ce dernier est à l’initiative d’innombrables opérations et institutions culturelles – faits largement rappelés depuis sa démission. Les unes sont très visibles, de l’Opéra Bastille, achevé en 1989, à la Bibliothèque nationale de France, en 1995. D’autres le sont moins, mais sont tout aussi utiles, du soutien renforcé au spectacle vivant, sous toutes ces formes, à la création, en 1982, des fonds régionaux d’art contemporain. Ainsi se réalise une politique de la culture, qui exige des moyens budgétaires importants.

Mitterrand n’est cependant pas le premier président de la Ve République à intervenir de façon si manifeste dans le champ culturel. Si le Centre Pompidou, auquel on revient donc, se nomme ainsi, c’est parce que sa création est voulue par Georges Pompidou, dès décembre 1969, six mois après son entrée à l’Elysée. Conscient du médiocre état du Musée national d’art moderne, alors au Palais de Tokyo, et de l’affaiblissement de Paris sur la scène internationale, il choisit un emplacement central et une architecture spectaculaire, afin que le musée soit une affirmation forte, nationale et internationale.

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