Après les élections municipales, le risque d’un Paris ingouvernable

La question ne s’était jamais posée depuis que les Parisiens élisent leur maire au suffrage universel. A chacune des huit élections municipales qui se sont tenues depuis cette date (1977), le clivage entre majorité et opposition et les règles du scrutin étaient tels que, dès le soir du second tour, les électeurs savaient qui serait désigné maire lors de ce qu’on appelle le « troisième tour », c’est-à-dire la première réunion du Conseil de Paris nouvellement élu.

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Comme partout en France, les municipales parisiennes sont un scrutin de liste proportionnel : on vote non pas pour une personne, mais pour une liste, et les sièges sont attribués proportionnellement aux résultats des uns et des autres. Afin de garantir que la liste arrivée première puisse diriger la commune et disposer d’une majorité d’élus pour voter les politiques locales, on a agrémenté le modèle d’une « prime majoritaire » de 50 %. Cette prime octroie d’office la moitié des sièges à la liste arrivée en tête et le reste des places est réparti en fonction des résultats de toutes les listes, y compris la première. Jusqu’à présent, cette règle valait dans toutes les communes.

La réforme du mode de scrutin pour les élections municipales de Paris, de Lyon et de Marseille promulguée le 11 août 2025 a changé cet équilibre, dans une relative ignorance des électeurs. Non seulement a-t-elle instauré un deuxième vote, pour que les électeurs élisent directement leur conseil municipal en plus de leur conseil d’arrondissement (ou de secteur), mais elle a aussi introduit une singularité, qui paraît technique mais pourrait se révéler très politique : la prime majoritaire a été abaissée à 25 % pour ces trois villes.

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Désormais, si une liste veut s’assurer la majorité absolue des sièges (82 à Paris), il ne lui suffit plus seulement de gagner au second tour mais de le faire avec au moins un tiers des suffrages exprimés, soit 33,33 % des voix. C’est mathématique : la liste victorieuse va remporter d’emblée 25 % des places, et les 75 % restants seront distribués au prorata de tous les résultats. Pour sécuriser une majorité absolue, cette liste devra récupérer encore 25 % des places, soit un tiers de 75 %, soit un tiers des suffrages exprimés.

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