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La guerre de Gaza va-t-elle déboucher sur un conflit régional ? Souvent posée, la question est aujourd’hui sans objet. La guerre qu’Israël mène contre le Hamas dans l’étroit territoire palestinien de Gaza, en Méditerranée orientale, a déjà « débordé ». Elle s’est internationalisée. Les missiles volent du détroit de Bab Al-Mandab, en mer Rouge, à la frontière israélo-libanaise, sans oublier la Syrie et l’Irak.

Pour se « rassurer », on observera que ces métastases du conflit israélo-palestinien sont le fait de milices, toutes parrainées par l’Iran, et non d’armées nationales. Les pays arabes ont proposé un plan de paix, auquel Israël n’a pas répondu. Et aucune des capitales arabes entretenant des relations diplomatiques avec l’Etat hébreu n’a décidé de les rompre par solidarité avec les Palestiniens de Gaza. Au secours du Hamas, la branche islamiste du mouvement national palestinien, ceux qui se sont mobilisés appartiennent à ce qu’on appelle l’« axe de la résistance », un collectif milicien arabe, formé et entretenu par Téhéran.

Depuis sa naissance en 1979, la République islamique d’Iran se veut le porte-étendard le plus radical de la cause palestinienne, à la fois par conviction et pour séduire les opinions arabes. Mais elle n’entend pas aujourd’hui courir le risque d’être impliquée dans une confrontation directe ni avec Israël ni avec les Etats-Unis. Les deux groupes aéronavals dépêchés par le président Joe Biden en Méditerranée orientale y sont sans doute pour quelque chose.

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L’heure est aux miliciens, aux structures non étatiques, érigées en acteur important de la scène moyen-orientale post-7 octobre 2023. Depuis trois mois, la milice libanaise Hezbollah échange quotidiennement des tirs avec Tsahal à la frontière entre l’Etat hébreu et son voisin du nord. Les milices irakiennes dites « de la mobilisation » populaire ciblent les bases américaines encore présentes en Syrie (900 hommes) et en Irak (2 500). Les Américains répliquent.

Toile d’araignée milicienne

La milice yéménite houthiste, qui contrôle le nord du pays, perturbe, à coups de drones et de missiles de croisière, le trafic en mer Rouge, suscitant une réponse des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Les houthistes ont un objectif : affermir leur stature dans un environnement arabe qui leur est hostile.

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Ce ne sont « que » des milices, dira-t-on. Sauf qu’elles sont équipées comme des armées nationales : radars, missiles de toutes sortes, y compris engins balistiques, et drones de tout calibre. Cet arsenal, elles le fabriquent ou l’assemblent souvent toutes seules. On est loin de l’image d’une soldatesque dépenaillée faisant le coup de feu dans la rocaille.

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