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Depuis bientôt trois mois, Brian Hansen, sa femme et leurs deux enfants vivent dans un préfabriqué de 34 mètres carrés, installé derrière leur grande maison, avec vue sur le marais et la plage, dans la commune de Solrod, dans le sud-est du Danemark. Le 19 octobre 2023, la famille était en vacances en Turquie, quand la « tempête du siècle » s’est abattue sur le royaume. Des amis ont posé des sacs de sable autour de la maison. En vain. Alors que le niveau de la mer montait, dépassant plus de deux mètres à certains endroits du littoral, l’eau s’est infiltrée par les grandes baies vitrées.

Cadre chez Motorola Solutions, Brian montre les marques sur l’escalier en bois : « Il y avait 25 à 30 centimètres d’eau. » La maison avait été entièrement rénovée, avant que la famille n’emménage en 2016. « Nous nous sommes renseignés sur les risques, mais nous sommes tombés amoureux de la vue, et jamais nous ne pensions qu’une telle chose se produirait, en tout cas pas aussi rapidement », admet le quadragénaire, soulagé d’avoir échappé à une deuxième inondation, dans la nuit du 3 au 4 janvier. Cette fois, la marée a été moins forte qu’en octobre 2023, mais le sol était gorgé d’eau, après des précipitations records – il est tombé, cette année-là, 972,7 mm de pluie au Danemark, soit 25 % de plus que la normale. Plusieurs de ses voisins ont été touchés.

En quelques mois, les Danois ont ainsi découvert à quoi ressemblerait leur futur. « Malheureusement, nous devons nous préparer à des événements météorologiques plus violents comme ceux-ci à l’avenir, en particulier avec plus d’eau », a averti le ministre de l’environnement, Magnus Heunicke, le 5 janvier, insistant sur « l’importance d’accélérer la protection des côtes et l’adaptation au climat en général ».

Garage inondé deux fois en trois mois

Car ces inondations à répétition ont surtout révélé le manque de préparation du Danemark, pourtant un des pays les plus vulnérables d’Europe. En plus de 7 300 km de littoral (contre 5 500 km pour la France métropolitaine), le royaume de 5,9 millions d’habitants est aussi le deuxième pays le plus bas d’Europe, derrière les Pays-Bas.

« A l’avenir, avec la montée du niveau de la mer, les tempêtes n’auront pas besoin d’être particulièrement violentes pour provoquer des événements similaires à ce que nous venons de voir », explique la météorologue Kristina Madsen.

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Selon son collègue, Mark Payne, climatologue à l’Institut danois de météorologie (DMI), leur fréquence dépendra de l’intensité du réchauffement climatique : « Dans le pire scénario, avec une élévation de 50 cm du niveau de la mer, ces événements, qui se produisent une fois tous les vingt ans, seront quarante fois plus fréquents, à la fin du siècle. Si l’accord de Paris est respecté, ils auront lieu sept fois plus souvent. »

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