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Sur les ondes de RMC, le 7 janvier, Amélie Oudéa-Castéra assurait ne pas avoir « peur » avant la publication, prévue mardi 23 janvier, du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les défaillances des fédérations sportives. La ministre des sports et des Jeux olympiques, qui a hérité le 11 janvier également du portefeuille de l’éducation nationale, confiait s’attendre, « d’après [ses] informations », à un « rapport assez au vitriol ».

Dans la première partie du rapport, consacrée aux « défaillances systémiques » et que Le Monde a consultée, « AOC » n’échappe pas aux critiques des députés, pour la période où elle dirigeait le tennis français. C’est d’abord à propos de son salaire (500 000 euros annuels brut, dont une prime annuelle sur l’objectif de 100 000 euros), lorsqu’elle officiait comme directrice générale de la Fédération française de tennis (FFT), entre mars 2021 et mai 2022, que la ministre est épinglée.

La commission rappelle qu’« en février 2022, l’Inspection générale [de l’éducation, du sport et de la recherche] avait appelé à reconsidérer le niveau de rémunération des dix principaux cadres de la FFT ». L’Inspection générale s’était notamment alarmée du niveau de rémunération « considérable voire anormale » du prédécesseur d’« AOC », Jean-François Vilotte (413 325 euros brut annuels) tout en s’étonnant, « compte tenu des rémunérations pratiquées » de l’absence de « procédures de recrutement et de recherche de cadres dirigeants, d’entretiens par une cellule dédiée », s’agissant de l’embauche d’Amélie Oudéa-Castéra, ex-cadre chez Carrefour.

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En pointant les émoluments touchés par la ministre à la tête de la fédération, les députés écrivent que « force est de constater que cette demande de l’inspection générale n’a pas été respectée par la FFT ». « Ma rémunération était très proche de celle de mon prédécesseur », a argué Mme Oudéa-Castéra, le 16 novembre 2023, lors de son audition par les députés. Ces derniers estiment que l’actuelle ministre a « minimisé une augmentation de plus de 86 000 euros », reprenant ainsi les arguments contestables du patron de la FFT, Gilles Moretton, visé par une enquête préliminaire du parquet de Paris pour parjure après un signalement par la commission.

« Entre-soi frappant »

Les députés reprochent également à la ministre d’avoir, lors de son audition, « fourni une présentation inexacte du soutien public consenti par l’Etat » à la FFT et de l’avoir « minimisé » en justifiant son salaire. « Cette institution ne touche pas le moindre euro de subvention publique », a affirmé le 16 novembre Amélie Oudéa-Castéra, avant d’envoyer, dès le lendemain, à la commission un courrier rectificatif afin d’échapper à un signalement pour parjure. Les députés ont sorti leur calculette et notent que les chiffres avancés (1,28 million d’euros versés par l’Etat en 2022) par la ministre dans son courrier sont très en deçà des sommes réellement dépensés par l’Etat pour la FFT en 2022.

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