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Le groupe Alstom a annoncé, mercredi 24 janvier, une hausse de 2,6 % de son chiffre d’affaires au troisième trimestre de son exercice décalé (avril 2023-mars 2024) : entre octobre et décembre 2023, il a atteint 4,33 milliards d’euros, notamment tiré par la bonne tenue de ses activités Services et systèmes (maintenance, signalisation…), au côté de son pôle Matériels roulants.

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Numéro deux mondial des équipements ferroviaires derrière le chinois CRRC, la société française affiche également une hausse de 5,8 % de son carnet de commandes, après un premier semestre très mauvais, améliorant ainsi un ratio commandes-chiffre d’affaires important dans le secteur. Ces 5,5 milliards d’euros supplémentaires permettent de le porter au niveau historique de 90 milliards, « garantissant environ [de] 38 à 40 milliards de chiffre d’affaires sur les trois prochaines années », souligne l’entreprise.

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Ces bons résultats sont portés par une demande liée à l’urbanisation croissante des pays émergents et le développement soutenu du transport ferroviaire, dont le marché est estimé à 230 milliards d’euros. Il n’empêche, l’entreprise traverse une grave crise de trésorerie disponible depuis l’automne. En octobre 2023, elle avait dû faire un très sérieux avertissement sur résultats, qui avait entraîné une chute de 38 % de l’action. Alstom table sur une trésorerie disponible toujours négative de 500 millions à 750 millions au cours de l’exercice.

Nombreux retards

Cette crise est liée aux importants besoins de liquidités nécessaires à la montée en cadence de la production, mais aussi au retard dans la finalisation de grands projets et de paiements de clients qui se font attendre, notamment après le rachat du canadien Bombardier Transport, en 2021. La « corbeille de la mariée » comportait des contrats « non performants » qui coûtent de l’argent à Alstom, comme celui des 443 automotrices Aventra destinées au Royaume-Uni.

« Nous nous consacrons pleinement au plan d’action opérationnel » pour désendetter le groupe, a fait savoir son PDG, Henri Poupart-Lafarge, dans le communiqué. Il sera dévoilé en mai, avant la clôture des comptes annuels et une assemblée générale, en juillet, qui actera un changement de gouvernance, avec l’arrivée de Philippe Petitcolin, ancien directeur général de Safran, au poste de président nouvellement créé.

M. Poupart-Lafarge a déjà précisé que ce plan intègre entre 500 millions et 1 milliard d’euros de cessions d’actifs et 1 500 postes supprimés dans des fonctions support à travers le monde. Il n’exclut pas une augmentation de capital pour réduire une dette qui s’élève à 2 milliards d’euros. Mais il doit sans attendre améliorer ses performances industrielles et poursuivre sa montée en cadence, très gourmande en capital avant livraison et paiement des trains, des métros et des tramways.

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