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Cette fois, les Européens envisagent des « options radicales », confie l’Elysée, pour faire bouger Viktor Orban. A deux jours d’une réunion des chefs d’Etat et de gouvernement européens, prévue jeudi 1er février à Bruxelles, le premier ministre hongrois continue en effet à s’opposer à une aide à l’Ukraine de 50 milliards d’euros sur quatre ans, dans le cadre du budget communautaire, qui donnerait à Kiev visibilité et prédictibilité.

Le 14 décembre 2023, lors de leur dernier sommet, Viktor Orban avait finalement – en sortant de la salle – laissé ses homologues décider d’ouvrir les négociations d’adhésion de Kiev à l’Union européenne (UE). La veille, la Commission avait par ailleurs débloqué 10 milliards d’euros de fonds pour la Hongrie qui avaient été immobilisés en raison des manquements à l’Etat de droit de Budapest.

Alors qu’outre-Atlantique le soutien américain est bloqué au Congrès et que la guerre s’enlise, l’enjeu est majeur pour l’Ukraine. Il l’est également pour les Européens soucieux de maintenir leur unité face à Moscou. Une solution à vingt-six serait certes envisageable mais elle nécessiterait une ratification par tous les parlements nationaux concernés. « Entre le RN [Rassemblement national] et LFI [La France insoumise], que voterait l’Assemblée nationale ? », s’interroge un diplomate européen.

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« Pari dangereux »

Pour donner son accord à une aide à Kiev, Viktor Orban exige, durant les quatre ans prévus, de pouvoir réexaminer le dossier à intervalles réguliers et, le cas échéant, s’y opposer. « Pour justifier cette demande, Budapest nous a même dit que 50 milliards, ce ne serait peut-être pas assez et qu’il fallait se laisser la possibilité de revoir l’enveloppe à la hausse ! », s’étrangle un diplomate européen. Avant de poursuivre : « Orban veut pouvoir changer d’avis après les élections européennes », si l’extrême droite russophile réalisait un bon score. Les Européens, eux, refusent d’offrir à la Hongrie, adepte du chantage, d’autres occasions d’exercer son droit de veto.

S’il n’y avait pas d’accord le 1er février, du seul fait de Budapest, « ce serait un risque pour l’UE et pour l’Ukraine. Mais aussi pour la Hongrie, qui prendrait celui de sortir encore plus du jeu », prévient l’Elysée. « La Hongrie peut faire le pari de Trump et Poutine. Mais c’est un pari dangereux », complète un diplomate européen.

« Ce n’est pas un hasard si le pays membre de l’UE qui viole le plus nos valeurs communes (…) est aussi le pays membre qui se trouve toujours en dehors du consensus de l’UE sur le thème de l’aide à l’Ukraine », a dénoncé, lundi 29 janvier, la secrétaire d’Etat allemande chargée des affaires européennes, Anna Lührmann, qui appelle l’UE à « durcir » ses réponses.

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