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Emmanuel Macron l’a redit lors de l’inauguration chaotique du Salon de l’agriculture, samedi 24 février, porte de Versailles, à Paris : la France reste une grande nation agricole. La première européenne, souligne même l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), qui estime la valeur de la production agricole française à 95,5 milliards d’euros en 2023. Un résultat en recul limité de 0,8 % par rapport au record de 2022.

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La balance commerciale agricole est également structurellement excédentaire – même si le surplus a fortement chuté en 2023, passant de 4,7 milliards à 1,1 milliard d’euros. En cause : l’éclatement de la bulle spéculative sur les cours des céréales, à un plus haut historique, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Or, les céréales sont le premier poste des exportations françaises en produit brut agricole, permettant d’engranger un surplus de 7,1 milliards d’euros. En élargissant le périmètre à l’ensemble des produits agricoles et agroalimentaires, l’excédent commercial a atteint 6,5 milliards d’euros, en repli de 3,7 milliards d’euros. Les vins et spiritueux pèsent lourd dans la balance, avec un excédent de 14,7 milliards d’euros.

Vins, spiritueux, céréales et produits laitiers sont, en fait, les propulseurs des exportations agroalimentaires françaises. Mais, si elles progressent régulièrement en valeur malgré quelques aléas, les importations, elles aussi, se développent. Cela en raison des achats, hors des frontières hexagonales, de fruits et légumes, de viande mais aussi de poisson, qui affectent la balance commerciale.

Ces emplettes à l’étranger sont à mettre en parallèle avec l’évolution des pratiques alimentaires des Français. Le cas du saumon est, à ce titre, symptomatique. Il y a quelques décennies, ce poisson s’invitait au seul moment des repas de fête, sous sa forme fumée. Désormais, il est omniprésent. En 2021, selon les données de FranceAgriMer, le saumon était le poisson le plus consommé en France. Le groupe norvégien Mowi, leader mondial de la production de saumon, avec des élevages en Norvège mais aussi au Royaume-Uni, inonde le marché. Résultat, les seules importations de saumon pesaient, en 2021, 1,7 milliard d’euros.

Une production d’hiver pas rentable

De même, la consommation de poulet a bondi. Elle a progressé de près de 40 % en dix ans. Or, cette évolution spectaculaire doit beaucoup aux repas pris hors domicile. Le développement des fast-foods, des sandwicheries, de la restauration collective explique en grande partie cet engouement. Selon l’Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair (Anvol), la part de la consommation à domicile du poulet n’est plus que de 65 % en 2023, contre 92 % en 2005. Or, la courbe d’évolution des importations de volaille suit de près cette tendance. Les enseignes de restauration ont misé sur du produit importé, souvent moins cher à l’achat.

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