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Histoires Web mercredi, avril 24
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Fils d’agriculteur, David Joulin a décidé de ne pas marcher dans les pas de son père : « Je n’ai jamais compris qu’il travaille comme un forçat, quatre-vingt-dix heures par semaine, pour un salaire de 500 à 1 000 euros. » Pour autant, il n’a pas quitté cet univers, lui qui a cofondé, en 2015, la start-up Ekylibre. La jeune pousse a développé un logiciel de gestion des exploitations agricoles facilitant le suivi des dépenses, des stocks ou des expéditions, en promettant à ses clients un gain de temps.

M. Joulin fait partie de cette génération d’entrepreneurs, souvent jeunes et aux racines rurales, convaincue que les nouvelles technologies vont venir au secours d’une filière malade. C’est aussi le discours de Jérôme Le Roy, le président de La Ferme digitale, une association qui réunit 120 jeunes pousses du secteur : « L’agriculture est confrontée à des problèmes de revenus, d’attractivité, de conciliation de la performance et du respect de l’environnement. Sur toutes ces questions, nous avons des réponses à apporter. »

Le champ d’action de ces sociétés couvre tout le spectre des activités (cultures, élevage, pêche), de la production à la distribution en passant par la gestion ou la formation, et prend toutes les formes, des solutions logicielles aux outils physiques (robots, fermes verticales, capteurs…). De plus en plus, ces solutions intègrent les avancées de la recherche, à l’image de la start-up Mycophyto, cofondée en 2017 par la microbiologiste Justine Lipuma, qui a développé un procédé de culture de champignons mycorhiziens, capables de s’associer aux racines des plantes pour aller chercher plus en profondeur dans le sol des nutriments ou capter de l’eau en période de sécheresse. « Notre constat de départ a été que beaucoup de connaissances issues des laboratoires n’arrivaient pas jusqu’aux agriculteurs », témoigne-t-elle.

« On a un écosystème qui est bouillonnant »

Vegetal Signals, elle, analyse avec ses boîtiers l’activité électrique des plantes pour comprendre les « stress » qu’elles subissent (manque d’eau, affection, etc.). La société dit ne compter à ce jour qu’un seul concurrent utilisant cette technologie. « On a un écosystème qui est bouillonnant, on n’a jamais vu surgir autant d’innovations », observe Justine Lipuma, par ailleurs membre du bureau de La France digitale. Si elle est dynamique, l’agritech reste cependant embryonnaire.

Depuis sa création en 2016, les 120 start-up membres de l’association n’ont créé que 3 000 emplois environ. Et leurs technologies peinent à s’implanter massivement dans les exploitations. Selon David Joulin, en dix ans, la France a dû accoucher de 1 500 innovations technologiques, mais seulement entre 10 % et 12 % des agriculteurs se sont saisis d’au moins une d’entre elles.

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