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La mobilisation des agriculteurs, qui a débuté il y a six jours près de Toulouse, en particulier sur l’A64, continue de s’étendre. Des barrages ont bloqué, mardi 23 janvier, de nouveaux axes routiers, dont l’A7 dans la vallée du Rhône, l’A63 près de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) ou la nationale 124 dans le Gers. A Castelnaudary (Aude), entre 120 et 150 agriculteurs ont interdit l’accès à une plate-forme logistique du groupe de grande distribution Leclerc. Et à Agen, des manifestants ont jeté des œufs et brûlé des palettes devant le bâtiment de la Mutualité sociale agricole.

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La mobilisation a été marquée, mardi, par l’émotion provoquée par la mort accidentelle d’une éleveuse de 35 ans et de sa fille de 12 ans, fauchées au petit matin par un véhicule qui a percuté le barrage installé par des agriculteurs manifestant leur colère à Pamiers (Ariège). « Nous avons observé une minute de silence, lors de notre conseil d’administration, pour la collègue qui a laissé sa peau aujourd’hui », explique Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL).

Qui est à la manœuvre de la mobilisation ? En Occitanie, où le mouvement a débuté et s’amplifie, sur chaque point de barrage, aucune banderole, aucun drapeau ne porte le sigle de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA, majoritaire). La volonté est de se démarquer des mouvements syndicaux habituels.

« Liberté de parole »

Le 16 janvier, à Toulouse, Philippe Jougla, le président régional, avait été hué à la fin de la première grande journée de mobilisation car il voulait arrêter le mouvement. Le lendemain, à l’initiative d’agriculteurs de Haute-Garonne, un barrage était monté à Carbonne sur l’A64, sous l’impulsion de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs (JA), mais sans afficher d’appartenance syndicale. Signe de la défiance envers le syndicat, le porte-parole du barrage, devenu emblématique, Jérôme Bayle, qui en est le représentant cantonal, se garde bien d’afficher sa couleur syndicale, préférant garder sa « liberté de parole ».

Lire le reportage | Article réservé à nos abonnés A Carbonne, en Haute-Garonne, les agriculteurs prêts à prolonger le blocage de l’A64

Débordée par sa base, la FNSEA, associée aux JA, tente aujourd’hui de reprendre la main. Dimanche soir, elle a demandé à ses sections locales d’organiser et de coordonner des actions sur l’ensemble du territoire. « Je manifesterai jeudi, mais ce n’est pas facile de quitter l’exploitation alors que c’est la période des vêlages », raconte Guillaume Gauthier, éleveur bovin en Saône-et-Loire.

Sa position de premier syndicat a ouvert à la FNSEA les portes de Matignon dès lundi soir. Son président, Arnaud Rousseau, accompagné d’Arnaud Gaillot, le président des JA, qui sont affiliés à la FNSEA, ont pu s’entretenir avec le premier ministre, Gabriel Attal, pendant deux heures. A l’issue de l’entretien, M. Rousseau a martelé sa volonté d’encourager les actions sur le terrain tant que le gouvernement ne présenterait pas des mesures concrètes.

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