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« Pas de levée des actions menées sur le terrain » par les agriculteurs en France, a lancé Arnaud Rousseau, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), lundi 22 janvier, à l’issue d’un entretien de près de deux heures avec le premier ministre, Gabriel Attal, à Matignon. Le bras de fer mené par le premier syndicat agricole français avec le gouvernement se poursuivra tant qu’il n’y aura pas « de décisions concrètes » de l’exécutif, a menacé M. Rousseau, ajoutant que le monde agricole « ne se contentera pas de mesurettes ». « On attend du premier ministre que, dans la semaine, il puisse faire un certain nombre de déclarations qui fassent bouger les lignes sensiblement », a-t-il précisé.

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Même si le nombre d’agriculteurs manifestant sur le territoire est somme toute limité, le mouvement de mobilisation s’est quelque peu étendu lundi. Alors que l’A64 entre Toulouse et Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) était coupée à la circulation au niveau de Carbonne (Haute-Garonne), à 45 kilomètres de Toulouse, pour la cinquième journée de suite, d’autres points de crispation sont apparus. En Tarn-et-Garonne, trois ronds-points d’accès à la centrale nucléaire de Golfech, qui alimente en électricité le bassin toulousain, ont été bloqués par une cinquantaine de tracteurs. Des agriculteurs ont également perturbé les flux automobiles de l’autoroute A62 à la hauteur d’Agen.

Toutes ces opérations ont en commun de se dérouler en Occitanie et de dénoncer « le ras-le-bol » d’exploitants qui fustigent tour à tour les normes environnementales, les tracasseries administratives comme la faiblesse de revenu, la hausse des charges ou le manque de soutien face à une crise sanitaire bovine. Sur le terrain, agriculteurs membres des Fédérations départementales des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA), filiales locales de la FNSEA, de Jeunes Agriculteurs (JA), du syndicat Coordination rurale ou des non-syndiqués expriment ensemble leur colère.

Pour autant, seuls les présidents de la FNSEA et de JA, un syndicat affilié à la FNSEA, ont été reçus à Matignon par le nouveau premier ministre. Un choix justifié par le cabinet du ministre de l’agriculture au regard de la représentativité du premier syndicat agricole français, selon le résultat de la dernière élection des chambres d’agriculture en 2019. Un scrutin qui donne à chaque agriculteur la possibilité d’exprimer sa préférence syndicale.

Crainte d’une montée en puissance

Il est vrai aussi que, depuis la mi-janvier, M. Rousseau fait planer la menace de mobilisations avec, en ligne de mire, le Salon de l’agriculture, qui doit ouvrir ses portes à Paris, le 24 février. Après les premières manifestations en Occitanie, il n’a pas manqué de faire monter la pression. « Je peux vous dire que, dès aujourd’hui et toute la semaine, et aussi longtemps qu’il sera nécessaire, un certain nombre d’actions vont être menées », a martelé le patron de la FNSEA, sur France Inter lundi mati avant le rendez-vous à Matignon. De quoi susciter la crainte d’une montée en puissance d’un mouvement agricole national.

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