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RFI – SAMEDI 20 JANVIER À 9 h 10 – MAGAZINE HEBDOMADAIRE

« Rompre avec le traitement d’une histoire de l’Afrique encore trop souvent fétichisée » est l’une des ambitions du nouveau rendez-vous hebdomadaire de Radio France internationale (RFI), « Afrique, mémoires d’un continent », lancé le 13 janvier.

Enrichi d’un pluriel, le nom du magazine se veut un hommage direct à l’émission éponyme, véritable totem de longévité, qui fut créée en 1964 par l’historien guinéen Ibrahima Baba Kaké et reprise en 1985 par le Congolais Elikia M’Bokolo jusqu’en 2018. « Nous nous inscrivons dans cette filiation de transmission qui a déjà beaucoup fait pour sortir l’Afrique d’une longue éclipse et lui rendre sa place dans l’histoire du monde », explique Elgas. L’écrivain sénégalais et docteur en sociologie coanime en alternance avec la journaliste burkinabée Kpénahi Traoré l’émission diffusée le samedi matin.

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Dès la première, l’exploration de « L’épopée des écritures africaines » fait « mentir le cliché persistant que le continent est presque exclusivement une terre d’oralité, poursuit Elgas, et bat en brèche la petite musique d’une Afrique “pas suffisamment entrée dans l’histoire” » – référence au discours de Nicolas Sarkozy à Dakar en 2007 qui avait choqué bien au-delà de la communauté des historiens.

C’est donc une plongée étonnante dans les signes qui débute avec les hiéroglyphes et nous mène jusqu’au XXsiècle et l’invention d’une foultitude de graphies méconnues. Le magazine remet en perspective la place centrale que l’Egypte ancienne a occupée dans les mondes antiques. « Après le déchiffrement des hiéroglyphes en 1822 par Champollion, explique Pierre Boilley, ancien directeur de l’Institut des mondes africains, invité en tant qu’expert, l’Occident s’est attribué la civilisation égyptienne à cause de son ascendance grecque et du projet colonial. Il a fallu attendre l’historien sénégalais Cheikh Anta Diop pour remettre l’Egypte en Afrique et mettre en lumière les lignées de pharaons noirs » du royaume de Koush, l’actuel Soudan.

« L’histoire dans toute sa vitalité »

Se dévoile ainsi leur écriture, le méroïtique, pas encore complètement déchiffrée (IIᵉ siècle avant J.-C.), mais aussi le guèze d’Ethiopie (IVsiècle avant J.-C.), le libyco-berbère (500 avant J.-C.) toujours utilisé pour transcrire la langue tamazigh, l’arabe adjami des manuscrits de Tombouctou (XIIIe au XVIsiècle) ou encore le vaï (Liberia et Sierra Leone, 1833), le bamoun (Cameroun, fin du XIXsiècle), le mandé (1921) ou le nko (1949). Un voyage éclairant.

Actualité oblige, le prochain volet de l’émission, samedi 20 janvier, se penchera sur l’histoire du football à l’heure où les équipes du continent se mesurent dans les stades de Côte d’Ivoire pour remporter la Coupe d’Afrique des nations (CAN). « Il est passionnant de retracer comment l’Afrique est entrée dans cette discipline au milieu du XIXsiècle », s’enthousiasme Kpénahi Traoré.

De la première mention d’un match opposant marchands et marins au Cap, en Afrique du Sud, le 23 août 1862, à la 34CAN, on découvre comment ce sport fut imposé par les colons britanniques et français « pour sculpter les corps noirs », bientôt destinés aux armées coloniales. Mais les clubs de football qui vont fleurir partout dans les grandes villes au début du XXsiècle deviendront le chaudron des idées d’indépendance et parfois même de résistance, avant d’être un formidable support de construction des identités nationales.

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« L’histoire du continent n’est pas limitée à l’esclavage, à la colonisation et à la décolonisation, insistent les deux animateurs, elle doit être explorée dans toute sa vitalité. Il reste encore beaucoup à faire. En particulier en direction de la jeunesse africaine en quête de reconnexion avec ses racines. »

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Les prochains épisodes seront ainsi consacrés aux figures féminines du continent et de la diaspora, à une histoire de l’or, à l’invention de la métallurgie, en donnant la parole aussi bien à des experts qu’à des écrivains ou à des philosophes. « Nous avons à cœur de mettre en lumière des scientifiques africains, hommes et femmes, explique Kpénahi Traoré. Pour montrer qu’une recherche de très grande qualité est produite sur le continent. C’est une manière aussi de se réapproprier la narration de notre propre histoire. »

« Afrique, mémoires d’un continent. L’Afrique par elle-même et dans les courants du monde », un magazine hebdomadaire d’histoire d’Elgas et Kpénahi Traoré sur RFI le samedi à 9 h 10 (Fr., 2024, 40 min). Disponible en rediffusion.

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