
Des parlementaires américains ont tenté, lundi 9 février, d’interroger Ghislaine Maxwell, mais la complice de Jeffrey Epstein a invoqué son droit au silence en vertu du 5e amendement, en référence au droit à ne pas s’auto-incriminer. « Comme prévu », a déclaré le président de la commission, le républicain James Comer, à l’issue d’une brève audition à huis clos. « Nous avions beaucoup de questions à poser sur les crimes qu’elle et Epstein ont commis, ainsi que sur d’éventuels complices », a-t-il rappelé, qualifiant cette décision de « très décevante ».
Cette audition a eu lieu en visioconférence de la prison du Texas où elle purge une peine de vingt ans de prison, et alors que fait rage partout dans le monde la tempête provoquée par la publication, le 30 janvier, de masses de documents du dossier Epstein, qui embarrassent de nombreuses personnalités. Ces « plus de 3 millions de pages » publiées par le ministère de la justice ne contiennent pas d’élément nouveau pouvant aboutir à des poursuites supplémentaires, avait d’emblée prévenu le procureur général adjoint, Todd Blanche.
Les avocats de la détenue, engagée dans d’ultimes recours contre sa condamnation, en 2022, à vingt ans de prison pour exploitation sexuelle, exigeaient du Congrès l’immunité pénale en échange de son témoignage.
Bill Clinton bientôt auditionné
A présent, elle « est prête à parler complètement et honnêtement si elle obtient une grâce du président Donald Trump », selon le texte de la déclaration de son avocat, David Markus, devant la commission, publié par ce dernier. Elle serait prête à témoigner que « le président Trump et le président Clinton sont innocents de tout méfait. Seule Mme Maxwell peut expliquer pourquoi et l’opinion publique a droit à cette explication », ajoute l’avocat.
La même commission parlementaire a convoqué, pour les auditionner séparément à la fin du mois, l’ancien président démocrate Bill Clinton et son épouse, Hillary, ancienne secrétaire d’Etat américaine, sur les liens qu’a entretenus Bill Clinton avec Jeffrey Epstein. Ils ont exigé cette semaine des auditions publiques, disant vouloir éviter l’instrumentalisation de leurs propos par les républicains.
Donald Trump et Bill Clinton ont tous deux entretenu des liens avec Jeffrey Epstein mais assurent avoir rompu avec lui bien avant sa mort en prison à New York en 2019 et n’avoir pas eu connaissance de ses crimes sexuels.
« Aucun regret »
Ghislaine Maxwell tente ainsi d’envoyer le message « que son silence peut être acheté par une grâce », a estimé l’élue démocrate Melanie Stansbury. « Il est très clair que c’est le message qu’elle essaie d’envoyer directement à Donald Trump lui-même », a-t-elle insisté.
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Lors de cette brève audition, Ghislaine Maxwell « n’a de nouveau exprimé aucun regret. Elle était très mécanique, ne montrant aucun remords à invoquer le 5e amendement », a affirmé l’élu démocrate Suhas Subramanyam.
Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump, était allé à la fin de juillet, dans une démarche hautement inhabituelle, jusqu’à se rendre en Floride où Mme Maxwell purgeait sa peine, pour l’interroger pendant une journée et demie. Peu après, elle a été transférée dans une prison au régime de sécurité moins strict au Texas, provoquant l’indignation des victimes et de leurs proches.
Dans la retranscription de cet entretien, publiée en août par le ministère, Ghislaine Maxwell dit ne pas croire au suicide en prison, en août 2019 à New York, de Jeffrey Epstein, sans vouloir spéculer sur l’identité de la personne responsable de la mort de son complice et ancien compagnon.
Dans le même entretien, l’ancienne petite amie de Jeffrey Epstein confirme également qu’il ne conservait pas de « liste de clients », et ne pas avoir connaissance de quelque chantage à l’égard de personnalités importantes.



