Près de trois jours après l’accident de trains en Espagne, un 43e corps a été retrouvé mercredi 21 janvier matin sur les lieux de la catastrophe ferroviaire près d’Adamuz en Andalousie, dans le sud de l’Espagne, et 41 victimes sont déjà identifiées, a annoncé l’entité publique chargée du suivi de la catastrophe (CID).
L’équipe de médecins légistes « a déjà identifié pratiquement la totalité des victimes de l’accident ferroviaire d’Adamuz. Au total, 41 victimes ont été complètement identifiées. Par ailleurs, un nouveau corps a été retrouvé ce matin sur le lieu du sinistre, portant à 43 le nombre de personnes décédées », écrit ainsi le CID dans un communiqué.
Dimanche à 19 h 45, les trois dernières voitures d’un train de l’opérateur privé Iryo allant vers Madrid ont déraillé et s’étaient déportées sur la voie d’à côté, avant d’être percutées violemment par un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui circulait dans l’autre sens en direction de Huelva. Les deux trains à grande vitesse, qui allaient à plus de 200 km/heure au moment de la collision, transportaient au total plus de 500 passagers.
Un rapport préliminaire attendu dans « deux ou trois mois »
Les débats se concentrent désormais sur les causes de cet accident « extrêmement étrange », selon les termes employés par le ministre des transports, Oscar Puente. La collision est survenue dans une ligne droite, sur une portion de voie rénovée, alors même que trois trains étaient passés au même endroit « vingt minutes avant » sans que « personne ne signale la moindre anomalie sur la voie », a affirmé le ministre mardi matin.
L’enquête, avait-il dit lundi, doit déterminer si la rupture d’un tronçon de la voie, visible sur certaines photos, est « la cause ou la conséquence » du déraillement du train Iryo qui a entraîné la collision. Ce qui était certain à ce stade, c’est que la vitesse des trains n’était pas en question et que « l’erreur humaine [était] pratiquement écartée », avait assuré lundi le président de la Renfe, Alvaro Fernandez Heredia. Il en avait déduit que la faute était peut-être due « au matériel roulant d’Iryo ou à un problème d’infrastructure ».
Face à l’émotion, le premier ministre, Pedro Sanchez, a promis une « transparence absolue » et « la vérité » sur cette catastrophe, qui bouleverse le pays plus de dix ans après un autre déraillement meurtrier, qui avait fait 80 morts en 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle (Nord-Ouest). Un premier rapport préliminaire sur l’accident pourrait être publié dans « deux ou trois mois », avant une version définitive prévue dans un délai maximal d’un an, a précisé mardi César Franco, président du Conseil des ingénieurs industriels.



