Dans un des cabinets du centre médical de Pontgibaud (Puy-de-Dôme) en mars 2022. Jusqu’à l’ouverture de ce centre, la commune se trouvait dans ce qui était considéré comme un désert médical. Le centre rassemble plusieurs spécialités médicales et plusieurs professions médicales ou paramédicales.

A un an de l’élection présidentielle de 2027, 73 % des Français disent avoir renoncé à un moins un acte de soins ces cinq dernières années, a déploré, mardi 17 mars, la Fédération des hôpitaux publics, appelant les candidats à se saisir de ce thème « crucial ».

« Au moment où beaucoup de démocraties sont menacées, la question de la santé est une priorité pour nos concitoyens », a déclaré lors d’une conférence de presse Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France (FHF). « L’accès aux soins continue de se dégrader et il est urgent d’avoir une vision à plus long terme. »

Selon un sondage Ipsos pour la FHF (sur un échantillon représentatif de 2 500 personnes, par Internet) le temps d’obtention d’un rendez-vous médical s’allonge : les Français déclarent avoir attendu douze jours en moyenne pour voir un généraliste, contre quatre jours en 2019. Ils ont patienté trois semaines et deux jours pour voir un pédiatre, contre deux semaines et quatre jours en 2019.

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Ce délai déclaré a presque triplé chez le cardiologue, puisqu’il faut désormais attendre trois mois et deux jours, contre un mois et trois semaines en 2019. Il a aussi doublé chez le dermatologue : quatre mois et deux semaines aujourd’hui, contre deux mois et deux jours à l’époque.

Peur de devoir être hospitalisés

Quelque 73 % des Français disent avoir renoncé « à au moins un acte de soin » (consultation, analyses, médicaments…) dans les cinq dernières années en raison de délais trop longs, de difficultés d’accessibilité géographique ou budgétaire, soit 10 points de plus qu’en 2024 (63 %). Quelque 63 % disent avoir « peur de devoir être hospitalisés au vu de la situation actuelle des hôpitaux ».

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Près d’un Français sur deux (49 %) déclare aussi s’être déjà rendu aux urgences pour autre chose qu’une « urgence médicale ». La situation est particulièrement critique dans les régions Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté ou Pays de la Loire.

« La campagne de 2022 a très peu abordé ces questions-là », notamment parce qu’elle a été « préemptée » par le candidat d’extrême droite Eric Zemmour, et « il y a un réel enjeu à faire prendre conscience aux pouvoirs publics que la santé est l’une des premières préoccupations » des Français, a rappelé une représentante de l’Ipsos, Adélaïde Zulfikarpasic.

Le déficit des hôpitaux publics est toujours « très préoccupant », a insisté Mme Riet, de la FHF. Il atteignait 2,5 milliards d’euros à la fin de 2025, et même 2,7 milliards en incluant les Ehpad (2,9 milliards au total en 2024).

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Le Monde avec AFP

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