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FRANCE CULTURE – À LA DEMANDE – PODCAST

Marc Trévidic, ancien juge antiterroriste et actuel président de chambre à la cour d’appel de Versailles, se raconte au micro de Caroline Broué. Habitué aux médias, dont il a su largement se servir pour que soient entendus certains dossiers – ce qui lui a valu nombre d’inimitiés –, il est particulièrement cash dans ses réponses. Mais ne brûlons pas les étapes.

Lire l’entretien avec Marc Trévidic : Article réservé à nos abonnés « Je voulais être rockeur avant de faire du droit ! »

Naissance à Bordeaux (1965, épisode 1) et enfance à Versailles ; un père à droite, une mère à gauche. Les premiers rêves : être écrivain (il l’est devenu), rockeur (à la fin de cette série en cinq épisodes, il osera reprendre Gaby oh ! Gaby, de Bashung) ou pilote de formule 1.

Adolescent, Marc Trévidic lit beaucoup de poésie anglaise, apprend l’arabe, voyage très tôt en Arabie saoudite, en Syrie, en Irak aussi. Et puis, alors qu’il prépare le concours d’entrée à l’Ecole nationale de la magistrature, l’actualité de l’année 1986 le rattrape avec la vague d’attentats particulièrement sanglants revendiqués par le Hezbollah pro-iranien, l’enlèvement de journalistes de la chaîne Antenne 2 par le Jihad islamique à Beyrouth ou encore l’assassinat de Georges Besse, PDG de Renault, par Action directe.

Un manque de moyens

En 2000, il rejoint la section antiterroriste du tribunal de grande instance de Paris auprès de Jean-Louis Bruguière, qui la dirige à l’époque. Il a vu à la fois comment les visages des terroristes ont évolué et comment la politique en matière de lutte contre le terrorisme est passée des Corses et des Basques aux islamistes après les attentats du 11 septembre 2001 à New York.

Aujourd’hui, il reconnaît : « En matière de résultats sur l’islam radical, on a échoué, la situation est pire. » Contraint de partir avant les attentats du 13 novembre 2015 (la nomination d’un juge d’instruction est soumise à la limite d’exercice de dix ans), on entend sa colère quand il dit : « Il était évident qu’on allait prendre des attentats massifs. » Et constate : « Il a fallu ces tueries pour que l’argent coule à flots, qu’on augmente les effectifs de la DGSI [direction générale de la sécurité intérieure] et que soit créé le Parquet national antiterroriste. »

Lire le portrait (en 2016) : Article réservé à nos abonnés Marc Trévidic, le juge qui ne résiste pas à la lumière

A l’épisode 3, il revient sur ce qui fait le cœur du métier : « Etablir la vérité en respectant les règles du droit. » Se dit certain que le système actuel est trop perméable aux erreurs judiciaires. Que certaines affaires largement médiatisées – notamment en matière de viols – ne doivent pas faire oublier un manque criant de moyens.

Il y reviendra encore dans le cinquième et dernier épisode, où il évoque largement (et, on le sent, avec beaucoup de passion) son travail de romancier : Marc Trévidic est l’auteur d’Ahlam et du Magasin jaune (JC Lattès, 2016 et 2018).

Marc Trévidic, l’indépendance et la lumière, série d’entretiens proposée par Caroline Broué et réalisée par Guillaume Baldy (Fr., 2023, 5 × 30 min). Dans le cadre de l’émission « A voix nue », sur France Culture. Disponible à la demande, sur l’application mobile de Radio France et sur les plates-formes d’écoute (Spotify, Deezer, etc.).

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