Les passages se font au compte-gouttes, les mines sont fermées et les paroles rares. Au poste-frontière de Kapiköy, l’un des trois points de passage de la frontière turco-iranienne, surplombé de montagnes blanchies de neige, les files d’attente qui, autrefois, faisaient partie du décor semblent d’un autre temps, en ce lundi 2 mars. Dans les heures qui ont suivi les premiers bombardements américano-israéliens en Iran, samedi matin, les entrées en Turquie ont été strictement limitées, par les douanes iraniennes, aux seuls détenteurs de visas et de passeports étrangers. La même restriction avait été mise en place lors de la répression massive des manifestants en janvier.
Devant l’imposante grille des douanes turques, les Iraniens rentrant au pays se comptent également sur les doigts d’une main. Seuls sont autorisés les voyageurs à pied, pour une raison non précisée. On y croise trois ouvriers fumant leurs cigarettes à la chaîne et disant sans détour pleurer la mort du Guide suprême, Ali Khamenei. Un jeune étudiant qui, comme beaucoup ici, refuse de donner sa véritable identité, affirmant seulement vouloir rentrer chez lui, auprès de ses parents, à Ourmia, non loin de la frontière, un baluchon à la main et « la peur au ventre ». Et puis il y a cette dame âgée, accompagnée de sa fille, qui, après avoir vu quelques jours, à Istanbul (Turquie), son fils, opposant au régime et exilé depuis quatre ans, s’est décidée à retraverser la frontière, malgré les bombardements ininterrompus engagés depuis trois jours.
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