Anaïk Morel (Margared), Patrick Bolleire (le roi d’Ys) et Lauranne Oliva (Rozenn) dans « Le Roi d’Ys », mis en scène par Olivier Py, à l’Opéra national du Rhin, à Strasbourg, le 9 mars 2026.

Le réchauffement climatique a fait resurgir des eaux, ces dernières années, Le Roi d’Ys, d’Edouard Lalo (1823-1892), qui avait peu ou prou disparu des scènes lyriques depuis les années 1950. Chef-d’œuvre acclamé à sa création, le 7 mai 1888, à l’Opéra-Comique à Paris, l’ouvrage a longtemps compté dans le tiercé gagnant de l’opéra français, aux côtés de Carmen (Georges Bizet) ou de Werther (Jules Massenet). Le voici, après une longue absence, présenté jusqu’au 29 mars au répertoire de l’Opéra national du Rhin, à Strasbourg, dans une nouvelle belle production confiée à Olivier Py. Un regain d’intérêt marqué aussi par un enregistrement publié en 2025 par le Palazzetto Bru Zane, spécialiste du XIXe siècle romantique français. Rien de notable depuis la mythique intégrale gravée en 1957, avec Rita Gorr, sous la direction d’André Cluytens (EMI).

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Olivier Py a déjà à son actif strasbourgeois quatre opéras, dont trois français (Les Huguenots, de Giacomo Meyerbeer, Pénélope, de Gabriel Fauré, Ariane et Barbe-Bleue, de Paul Dukas). Le metteur en scène a enchâssé la légende médiévale bretonne de la ville d’Ys dans le contexte historique de la fin du XIXe siècle, époque de la création de l’œuvre. L’allusion à la guerre franco-prussienne de 1870, omniprésente, affuble le belliqueux Karnac de casques à pointe, tandis que la deuxième révolution industrielle enténèbre l’avenir politique.

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