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Farid, un lycéen de 18 ans grièvement blessé mercredi 17 au matin dans une « expédition punitive » près de son lycée de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), est mort de ses blessures samedi 20 janvier. C’est la deuxième mort violente d’un jeune de cette ville pendant la semaine, a annoncé la municipalité dans un communiqué.

Son agression avait eu lieu quelques heures avant la mort dans cette commune d’un adolescent de 14 ans, prénommé Sedan, poignardé à mort dans le métro. Il n’est pas connu en l’état si les deux événements sont liés.

Mercredi matin, Farid se tenait à quelques mètres de son lycée et s’apprêtait à passer une épreuve de bac blanc « lorsqu’une voiture s’est arrêtée à [sa] hauteur pour une opération s’apparentant à une expédition punitive », a relaté la ville. « L’agression a été fugace, froide, aveugle et d’une extrême violence avec l’usage d’objets contondants », précise le communiqué de la ville.

Des altercations entre jeunes en hausse à Saint-Denis

Selon une source policière jointe vendredi 19 janvier à l’Agence France-Presse (AFP), la victime a été attaquée à coups de battes de base-ball. Elle avait été placée en coma artificiel à l’hôpital Beaujon de Clichy. Farid est mort au moment où se tenait samedi devant l’hôtel de ville de Saint-Denis un rassemblement à la mémoire de Sedan, poignardé à mort sur le quai de la station de métro Basilique-de-Saint-Denis.

Cette manifestation, qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes et de nombreux élus locaux, a été l’occasion de lancer des appels au calme dans un contexte de vives tensions au sein de la ville de 113 000 habitants. Les altercations entre jeunes de différents quartiers se sont multipliées ces derniers jours dans la commune, nécessitant un renforcement du dispositif policier et l’interdiction des regroupements par la mairie jusqu’à lundi. « Chacun doit prendre la mesure de sa responsabilité pour mettre fin au cycle de la violence », a appelé la ville de Saint-Denis dans son communiqué.

Vendredi encore, des « tentatives d’altercations » ont eu lieu dans la ville, dont certaines au nom de la « vengeance », ce qui a conduit à une vingtaine d’interpellations préventives par les forces de l’ordre, selon le maire Mathieu Hanotin, socialiste.

« Je demande à tout le monde, à tous ses amis, pas de violence, pas de vengeance ! Pas au nom de Sedan, pas au nom de Saint-Denis, pas au nom d’un quartier qu’on s’approprie ! », a exhorté au micro le grand frère de Sedan, devant une foule majoritairement composée de jeunes. « Un petit frère, un fils, a perdu la vie. A 14 ans, écoutez bien, 14 ans », a-t-il dit. « Je vous appelle à respecter vos parents, à écouter, à ne pas faire de bagarre, à ne pas être violents, parce que souvent ça se termine mal ! », a-t-il insisté gravement.

Au lendemain du meurtre de Sedan, un jeune de 19 ans s’est rendu à la police judiciaire du département, chargée de l’enquête sur la mort de l’adolescent. Au terme de quarante-huit heures de garde à vue, le mis en cause était présenté samedi soir à un juge d’instruction du tribunal de Bobigny en vue d’une éventuelle mise en examen et incarcération, a communiqué le parquet de Bobigny à l’AFP. S’il semble lié à un « différend entre jeunes », sa nature exacte reste inconnue car le suspect « ne s’est pas du tout exprimé là-dessus » devant les enquêteurs, selon le parquet.

Le Monde avec AFP

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