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Une file de 150 tracteurs, tractopelles et camions paralyse les quais de Rennes, jeudi 25 janvier. Devant la préfecture de Bretagne, quelques centaines d’agriculteurs de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, à l’initiative du rassemblement, manifestent dans le calme. Des pêcheurs et des entrepreneurs de travaux publics se sont mêlés à la mobilisation pour faire entendre « leur colère commune » envers les normes européennes, la concurrence internationale et le coût du carburant.

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« Une convergence des luttes est nécessaire pour être plus fort, mais elle doit se dérouler sans violence », insiste Nathalie Possémé, présidente de la Coordination rurale dans le Morbihan. Elle jette des coups d’œil aux pêcheurs, dont la présence est aussi appréciée que redoutée. Leur dernière manifestation à Rennes, en mars 2023, avait viré à l’affrontement avec les forces de l’ordre. « On se tient calme, mais la colère est grande et elle va exploser. La filière de la pêche est comme un animal blessé. On se battra jusqu’au bout ! », prévient David Le Quintrec, marin-pêcheur à Lorient. Ce jeudi, le quinquagénaire promet de « tenir » la centaine de professionnels de la mer qui l’accompagnent. David Le Quintrec espérait en mobiliser davantage, surtout depuis l’interdiction, instaurée lundi 22 janvier jusqu’au 20 février, pour 450 bateaux de pêcher dans le golfe de Gascogne afin de protéger les cétacés.

« Nous avançons vers un mouvement de révolte où l’unité doit primer. Aujourd’hui, il s’agit surtout de faire entendre les problématiques du monde agricole : les faibles revenus, les marges des industriels, la difficile transmission de nos fermes aux jeunes… », insiste Véronique Le Floc’h, présidente nationale de la Coordination rurale. A la sortie de son entretien avec le préfet de Bretagne, les militants l’écoutent avec attention, notamment lorsqu’elle charge la FNSEA, le syndicat majoritaire, et son dirigeant, Arnaud Rousseau, accusé d’œuvrer davantage pour l’agro-industrie que pour les agriculteurs.

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Dans la foule, Laurence Colleu, éleveuse de volailles et représentante de la Coordination rurale en Ille-et-Vilaine, décrypte la charge : « Les élections professionnelles ont lieu l’année prochaine. Nous avons besoin de montrer aux agriculteurs que la Coordination rurale travaille et qu’un autre choix syndical que la FNSEA est possible. » L’agricultrice observe la foule et remarque la présence d’élus d’extrême droite. Elle s’en agace quand d’autres s’en félicitent. Nathalie Possémé relativise : « Nos adversaires essaient de nous discréditer en nous collant une étiquette d’organisation proche du RN [Rassemblement national]. C’est faux. La Coordination rurale est apolitique. Ce sont les politiques qui viennent vers nous, et pas l’inverse. »

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