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Dans le lexique de l’artillerie, on parlerait sans doute d’un coup de semonce. Soit un tir en vue d’intimider l’adversaire sans lui causer trop de dégâts. Comme souvent avec les syndicats de policiers, les actions prévues tout au long du jeudi 18 janvier ont répondu à cet objectif et tenaient moins de la « journée noire » annoncée que d’une démonstration de force savamment dosée, avec des rassemblements devant des commissariats et un service minimum qui a occasionné jusqu’à deux heures de retard dans certains aéroports, dont celui de Roissy-Charles-de-Gaulle (Val-d’Oise), où la police aux frontières a débrayé.

A Paris, à l’appel du « Bloc », treize organisations professionnelles menées par le syndicat Alliance, 200 à 300 fonctionnaires se sont réunis devant la place de l’Hôtel-de-Ville (4e arrondissement), Anne Hidalgo offrant une cible moins risquée et plus immédiatement disponible que le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, à peine rentré d’un déplacement éclair à La Réunion pour y constater les dégâts causés par le cyclone Belal.

Quel qu’en ait été le destinataire, le message délivré par de puissantes enceintes n’en était pas moins clair, scandé entre deux titres de techno et les huées d’une assistance hérissée de fanions bleus frappés du logo d’Alliance. « Sans congés d’été, les Jeux olympiques, ce sera… ? », haranguait ainsi Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat. « Sans nous ! », répondait la foule. – « Sans primes à hauteur de notre investissement, les Jeux olympiques ce sera… ? »« Sans nous ! »

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« On ne sait rien sur les congés, les “heures sup”… »

Massés le long de l’avenue Victoria interdite à la circulation et surveillée de loin par de discrets effectifs de gendarmerie mobile, les fonctionnaires revêtus de l’uniforme des policiers en civil, bonnets et parkas sombres, ont acclamé chaque envolée tandis qu’étaient lâchés des ballons de baudruche aux cinq couleurs des anneaux olympiques. « Nous aussi, on souhaite que les Jeux olympiques se passent bien et que ce soit vraiment une fête, concluait M. Vanhemelryck. Mais à événement exceptionnel, mesures exceptionnelles. »

Grégory Goupil, secrétaire zonal Alliance 93 approuve le discours : « Pendant le gros rush, du 23 juillet au 11 août, le ministère exige 100 % de présents. Le ministre est à l’écoute mais on ne sait rien sur les congés, les cycles de travail, les “heures sup”. » Son collègue Yann, 46 ans dont « vingt ans de police », en poste dans une brigade anticriminalité (BAC) des Yvelines renchérit : « On sait pas comment on va être déployés, les collègues avec enfants ne savent pas comment ils vont les faire garder… »

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