
Des tirs de mortiers et une tentative d’intrusion ont visé, lundi 16 mars dans la soirée, les locaux de la police municipale à Noisiel (Seine-et-Marne) après des interpellations liées au narcotrafic, a déclaré, mardi 17 mars, Jean-Baptiste Bladier, le procureur de Meaux, qui a ouvert trois enquêtes dont une visant une intervention musclée des forces de l’ordre.
Selon un premier communiqué du parquet diffusé mardi matin, l’origine de ces faits remonte à l’interpellation de trois hommes âgés de 18 ans à 23 ans à Noisiel à 21 h 20, deux d’entre eux pour violations d’interdictions de paraître en lien avec la lutte contre le narcotrafic et le troisième pour provocation à la rébellion.
A 23 h 10, une trentaine de personnes se sont regroupées devant les locaux de la police municipale de Noisiel où des tirs de mortiers d’artifice ont visé des agents de police municipale, sans occasionner de blessés, a déclaré Jean-Baptiste Bladier.
Plusieurs personnes ont également tenté de pénétrer dans les locaux après avoir dégradé le portail, « afin, vraisemblablement, d’y mettre le feu », selon les informations transmises, mardi soir, par le parquet.
Des renforts de la police nationale ont été, à leur tour, visés par des projectiles et un véhicule de service a été endommagé.
Trois mineurs de 15 ans et un homme de 35 ans avaient été interpellés pour participation à un attroupement armé, violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique et dégradation de biens publics. Leurs gardes à vue ont été levées, a précisé, mardi soir, le procureur. Les investigations se poursuivent dans le cadre d’une enquête préliminaire, afin d’avoir « le temps nécessaire à l’exploitation des nombreux enregistrements vidéos » et « d’identifier le plus grand nombre de participants aux violences » et aux « dégradations », a-t-il ajouté.
Deux autres personnes doivent être déférées, mercredi, au parquet, l’une pour outrage et rébellion, l’autre en vue d’une comparution immédiate pour provocation à un attroupement armé, selon le procureur.
Cinq jours d’ITT
Une autre enquête a été ouverte et confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN, la « police des polices »), alors que l’une des interpellations, filmée par des témoins et diffusée sur les réseaux sociaux, apparaît réalisée « dans des conditions de nature à interroger sur sa légitimité, dans son principe, comme dans ses modalités ».
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Sur la vidéo, filmée depuis un immeuble voisin et relayée notamment sur le compte X du député (La France insoumise, Seine-Saint-Denis) Thomas Portes, on aperçoit deux policiers suivre un homme et le plaquer au sol. « Couche-toi, enculé ! », prononce un des deux agents avant qu’un engin explosif soit déclenché au niveau du visage de l’homme à terre. L’un des policiers lui assène alors plusieurs coups de poing.
Cette personne souffre de blessures évaluées à cinq jours d’incapacité totale de travail, selon le communiqué de Jean-Baptiste Bladier.
Le procureur de Meaux a démenti, par ailleurs, des « allégations diffusées sur les réseaux sociaux » selon lesquelles « une personne se trouverait dans le coma et une autre aurait perdu l’usage d’un œil à la suite » des violences urbaines. Elles sont « parfaitement inexactes », a-t-il affirmé.




