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A Genève, la rue du Rhône, c’est un peu la place Vendôme et les Champs-Elysées réunis. Ici, à deux pas du lac Léman, tout n’est que luxe, calme et discrétion. Au numéro 4 de la rue, le siège du Groupe Reyl, une banque connue en partie pour avoir géré les fonds occultes de l’ancien ministre Jérôme Cahuzac. L’établissement a aussi été condamné, en avril 2023, à 5,75 millions d’euros d’amende, par la justice française, après avoir admis sa participation à un système de blanchiment de fraude fiscale. Quelques semaines après cette sanction judiciaire, le mercredi 28 juin précisément, les dirigeants de la banque Reyl accueillent pourtant, dans la plus grande confidentialité, un client prestigieux : Albert II, prince de Monaco.

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Que vient-il faire à Genève, escorté d’avocats français et suisses, mais aussi de son chambellan, le lieutenant-colonel Jean-Luc Carcenac, et de l’homme qui vient de succéder à Claude Palmero en qualité d’administrateur des biens (ADB) de la couronne, Salim Zeghdar ? C’est que l’heure est grave. Depuis la révocation inattendue de M. Palmero, trois semaines plus tôt, Albert II et lui ne communiquent plus que par avocats interposés. Son Altesse Sérénissime (SAS) est tout sauf… sereine. Elle sait à quel point Claude Palmero, qui fut tout à la fois son comptable, son gestionnaire de fortune et son confident durant près de deux décennies, est au fait de tous les secrets de la famille princière.

Le prince n’ignore pas non plus que son ancien collaborateur a quitté le palais avec certains documents sensibles. Dans le lot, cinq cahiers dans lesquels il a rendu compte, au fil du temps, de ses centaines d’entrevues avec Albert II, depuis son intronisation en 2005. Ce n’est pas tout : l’expert-comptable devenu paria reste le prête-nom du prince et de ses sœurs dans une myriade de sociétés utilisées pour diverses opérations financières ou immobilières. Un dispositif destiné à placer à l’abri la fortune de la famille Grimaldi. Pour résumer, le conseiller répudié a toujours la main sur les biens de la couronne, il y a donc urgence à mettre un terme à cette bizarrerie ! D’où ce rendez-vous genevois entre le prince en personne, ses conseillers et les avocats de M. Palmero, menés par Me Marie-Alix Canu-Bernard. Privilège accordé par la banque Reyl à Albert II : il est le seul à détenir un coffre-fort au siège de l’établissement, dépourvu de salle des coffres. Ce jour-là, c’est dans une ambiance polaire que Me Canu-Bernard va lui remettre les clés…

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