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Histoires Web samedi, mars 2
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Un homme de confiance, ça obéit et ça se tait. C’est même à cela qu’on le reconnaît. Mais il est une règle d’airain : ne jamais le répudier, encore moins salir son honneur, car il devient alors une grenade dégoupillée. Claude Palmero est exactement cela aujourd’hui : un expert-comptable devenu le dépositaire exclusif de secrets embarrassants pour la famille princière monégasque, qui l’accuse en retour de supposées malversations financières…

Mais M. Palmero, administrateur des biens d’Albert II, de son épouse et de ses deux sœurs, de 2005 à 2023, a tout consigné dans cinq précieux cahiers, auxquels Le Monde a eu accès : les acrobaties budgétaires, mais aussi l’utilisation, aux frontières de la légalité, de fonds occultes. Deux décennies durant, le bras droit de Son Altesse sérénissime (SAS) fut l’intermédiaire incontournable pour qui voulait l’approcher. Il gérait ses nombreux avoirs, souvent logés discrètement en Suisse via des sociétés panaméennes, a créé des véhicules financiers, donné son avis sur de multiples projets en cours… Sans oublier bien des « missions » secrètes.

Ainsi, début 2012, Albert II manifeste-t-il auprès de Claude Palmero le besoin de louer à Monaco un appartement à l’abri des regards. En février 2012, l’homme à tout faire du prince se met donc en chasse. Et consigne tout cela dans ses cahiers : « Appartement en ville à trouver pour SAS. J’en ai vu deux, mais qui n’étaient pas assez discrets. » Il rend compte au prince et retranscrit sa réponse : « SAS veut que je continue. » Il s’exécute et déniche la perle rare : « Appartement : on l’a trouvé au Beverly Palace. SAS devrait le visiter. Je le prendrai par Et. de Mer [pour Etoile de mer, l’une des sociétés qu’il a créées en son nom pour ne pas exposer le prince]. 4 500 euros loyer. » Le 16 mars 2012, Albert II le visite, en toute confidentialité, et valide l’opération. Il dispose maintenant d’un pied-à-terre discret en Principauté.

Faut-il y voir une relation de cause à effet ? Voici bientôt Claude Palmero chargé d’une autre besogne confidentielle : récupérer des photos compromettantes où figurerait Albert II. Le 17 juillet 2012, il écrit dans son registre : « Mission K. (photo + négatifs), j’ai suivi les ordres mais mets à nouveau en garde SAS qu’on ne règle rien : elle a pu garder un jeu, avoir d’autres négatifs… J’ai donné la somme à G. [un intermédiaire] mais il faut qu’elle fasse très attention en l’utilisant ou elle va attirer l’attention et repartir entre deux policiers ! Et il y aura des ennuis. Elle va signer un accord de confidentialité, mais qui n’a aucune valeur ! »

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