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« Observateur solaire ». C’est cette mention, presque poétique, qui figure sur la carte de visite d’Isabelle Bualé. On pourrait presque dire de cette femme, responsable du service solaire sur le site de Meudon (Hauts-de-Seine) de l’Observatoire de Paris, qu’elle est la gardienne de notre étoile, car elle assure, depuis 1985, une mission unique au monde : l’observation et la prise de vues quotidiennes du Soleil grâce à un instrument, le spectrohéliographe, en fonction depuis 1908.

« Dès qu’il fait beau, j’ouvre », résume-t-elle. Et par « ouvrir », il faut entendre déplacer la cabane mobile qui protège les deux miroirs de l’instrument, afin de les exposer à la lumière solaire. Le premier la capte, le second la renvoie dans un bâtiment adjacent où le spectrohéliographe est installé. Aujourd’hui, un moteur fait coulisser la cabane sur des rails, mais, dans les années 1980, « il fallait la pousser soi-même. Si on m’a embauchée, c’est parce que j’étais grande et costaude ! », ajoute non sans humour Isabelle Bualé.

Entre le site de Meudon et notre étoile, c’est une longue histoire d’amour. Le fondateur de l’observatoire, l’astronome Jules Janssen (1824-1907), a ainsi couru le monde à de nombreuses reprises pour assister à des éclipses totales de Soleil, seul moyen, à l’époque, d’observer la couronne solaire. En 1868, alors qu’il se trouve en Inde, à Guntur, pour une éclipse, Janssen détecte une raie très particulière dans le spectre lumineux du Soleil correspondant à un élément chimique inconnu, qu’on appellera plus tard « hélium ». C’est aussi à Guntur que Janssen comprend comment, en regardant le Soleil dans une longueur d’onde très particulière – correspondant à la raie H alpha de l’hydrogène –, on peut voir les protubérances de la chromosphère, la partie la plus basse de l’atmosphère solaire. Et ce n’importe quel jour de l’année, sans qu’il soit besoin d’éclipse.

Photographier la photosphère et la chromosphère

Au début des années 1890, Henri Deslandres (1853-1948) invente un appareil, le spectrohéliographe, qui va exploiter ce principe et permettre de photographier tant la photosphère (la surface du Soleil) que la chromosphère. Ce, afin de suivre au jour le jour l’activité de notre étoile, de décrire les protubérances, de compter les taches, etc. Le spectrohéliographe de Meudon entre en service en 1908. Les photographies sont à l’époque réalisées sur de petites plaques de verre où le Soleil a un diamètre de 87 millimètres. Dans les années 1980, on passe à la technologie du plan-film (un film mince et souple) avant que le numérique s’impose, en 2002. Entre-temps, l’instrument d’origine, manuel et avec des grosses boîtes à engrenages, a été remplacé par un spectrohéliographe plus moderne.

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