Benoît Payan est très très superstitieux. Les vendredis 13, son horoscope (signe Verseau)… Quand à 20 h 35, dimanche 22 mars, plusieurs médias annoncent son élection à la mairie de Marseille, et que quelques-uns de ses collaborateurs sautent en l’air, le candidat de la gauche, réfugié au sous-sol de son local de campagne, seul ou presque dans sa tanière de la Canebière, fronce les sourcils et répète : « C’est pas fini… Les derniers bureaux ferment à 20 heures. »

Il faut attendre 22 h 10 pour que Benoît Payan se convainc d’avoir gagné face au Rassemblement national (RN) et à la droite, et sans s’unir avec La France insoumise (LFI). Il retrouve la presse pour remercier « du fond du cœur les Marseillaises et les Marseillais pour cette victoire nette et claire », la victoire de « l’unité », du « refus du RN, de la haine et du repli sur soi ». Remercier Marseille « d’avoir montré son plus beau visage, d’avoir choisi le chemin de l’union et de la concorde, sans la moindre compromission ».

En cette même soirée, Franck Allisio a compris bien plus vite que le maire de Marseille le scénario du second tour. Au Florida Palace, une salle de soirées zouk où le parti d’extrême droite aime organiser ses soirées électorales, le fond de l’air est à la résignation. Première mauvaise nouvelle, qui inquiète l’assistance : la défaite à Toulon de la voisine Laure Lavalette. A peine tombées, les premières estimations alourdissent encore un peu l’ambiance.

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