Comme chaque printemps, l’Opéra de Lyon propose un festival en forme de trilogie. Cette année, l’intitulé, audacieux et accrocheur – « Parier sur la beauté » – est décliné en trois chefs-d’œuvre. De Giacomo Puccini (Manon Lescaut) à Giuseppe Verdi (un spectacle tiré de La Traviata) en passant par Benjamin Britten (Billy Budd). A chaque fois, la trajectoire d’un être que sa beauté transforme en proie. Ainsi des courtisanes Manon et Violetta, victimes du désir des hommes, du jeune marin Billy que sa nature angélique et son physique de jeune dieu condamnent à la destruction.
La soprano Chiara Isotton, après avoir incarné Minnie dans La Fanciulla del West en 2024, offre à nouveau à la scène lyonnaise la primeur d’une prise de rôle-titre puccinien. Dotée d’un timbre charnu et d’aigus percutants, l’Italienne incarne une Manon puissante, sûre de son pouvoir et de sa séduction. Mais cette amazone sentimentale manque singulièrement, en ce soir de première, de séduction et d’érotisme, tout entière appliquée à surmonter les difficultés d’un rôle dont elle possède les notes, moins les ressorts psychologiques. Pas un instant, si ce n’est à la toute fin, on ne croit vraiment au personnage, partagé entre son amour sincère pour Des Grieux et son appétence pour les belles robes et l’argent.
Il vous reste 67.25% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



