Billy Crudup (Timothy) et George Clooney (Jay Kelly) dans « Jay Kelly », de Noah Baumbach.

« C’est une sacrée responsabilité d’être soi-même. Il est beaucoup plus facile d’être quelqu’un d’autre ou personne du tout. » Cette citation tirée du journal de Sylvia Plath est placée en exergue de Jay Kelly, le nouveau film de Noah Baumbach présenté jeudi 28 août, au Festival de Venise, premier temps fort de la compétition.

Celle-ci nous mène sur la piste de questionnements d’identité : qui est-on vraiment ? Qui cherche-t-on à être ? Une méditation qui a traversé également ce même jour Bugonia, de Yorgos Lanthimos, et Ghost Elephants, de Werner Herzog. Ancrés dans différents systèmes de croyance − le cinéma pour Jay Kelly, les théories du complot dans Bugonia, les mythes traditionnels chez Werner Herzog −, les trois films viennent les confronter à une réalité qui les éclaire sous une autre lumière. Et apporte de passionnantes couches de nuance.

Jay Kelly (George Clooney) est cette personne que tout le monde croit connaître pour l’avoir vue jouer dans tant de films. Une star hollywoodienne qui ne peut plus se déplacer sans une flopée d’assistants, dont son manageur, Ron (Adam Sandler, d’une poignante sobriété), ou sa publiciste, Liz (Laura Dern). Aux yeux du public, un héros américain. Mais, à force d’enchaîner les rôles et de se retrancher dans un quotidien artificiel, il en a perdu tout contact avec la réalité, ses proches et même sa propre identité. Ses retrouvailles tendues avec un ancien camarade comédien, Tim (Billy Crudup), à qui il doit le rôle qui a lancé sa carrière, ouvrent une crise existentielle le menant sur les traces de sa fille cadette, en Italie.

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