
Au choc des prix de l’énergie, provoqué depuis la fin de février par les attaques américano-israéliennes sur l’Iran, faudra-t-il ajouter un choc des taux d’intérêt ? La guerre et le blocage du détroit d’Ormuz ont provoqué une vive tension des marchés obligataires, qui complique un peu plus la très difficile équation budgétaire pour Bercy.
Le taux d’intérêt des obligations de la France à dix ans, qui sert de référence, était autour de 3,2 % avant la guerre. Depuis, il oscille violemment au gré des vraies ou fausses nouvelles venant de la Maison Blanche et de Téhéran, frôlant 3,9 % lundi 23 mars – son plus haut niveau depuis 2008 – avant de redescendre à 3,6 % mercredi 25 mars. S’ils restaient à ce niveau jusqu’à la fin de l’année, cela coûterait au moins 0,1 point de produit intérieur brut de déficit supplémentaire à la France.
Les marchés financiers réagissent ainsi parce qu’ils anticipent que la Banque centrale européenne (BCE) va augmenter son taux d’intérêt directeur à trois reprises d’ici à la fin de l’année, de 2 % actuellement à 2,75 %. Face à la flambée des prix de l’énergie, l’institution monétaire est en effet forcée de mener un délicat exercice d’équilibriste. D’un côté, elle ne peut pas laisser filer l’inflation, son mandat étant de maîtriser les prix. De l’autre, elle ne veut pas tuer la croissance, déjà très fragilisée par la flambée de l’énergie.
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