« Titiriteros », 2023, de Victor Man.

Le chiaroscuro hante l’histoire de l’art. A partir du 4 mars, la Bourse de commerce fait sienne sa dramaturgie d’ombres et de lumières, sa trouble poésie, avec « Clair-obscur » : une exposition collective qui rassemble une vingtaine d’artistes et digresse autour de cette notion paradoxale, en se fondant essentiellement sur la collection de François Pinault.

Pleins feux, donc, sur une série d’œuvres qui se la jouent crépuscules, embrassent la nuit, attendent le jour, à l’orée du visible et de l’invisible. « Elles correspondent à cette tendance très prégnante des artistes d’aujourd’hui qui cherche à résister au trop de lumière, au trop de clarté, au trop de sentiments factices et qui résonne si fort avec notre présent », résume Emma Lavigne, directrice générale de la Collection Pinault et commissaire de cette exposition.

Héritiers du Caravage, ce maître baroque qui a poussé à son paroxysme la technique picturale, les artistes rassemblés en offrent une version contemporaine, dans un parcours à la tonalité fatalement sombre : les corps se fragmentent chez Danh Vō, ils prennent feu dans les envoûtantes vidéos de Bill Viola ; les atomes explosent chez Trisha Donnelly, les jeunes filles flirtent avec la mort dans les toiles de Victor Man…

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