Bassem Awada, Mohammed Al-Qreiss et Ali Abdallah se sont postés au centre d’Hasbaya, une ville à majorité druze du sud du Liban, avec une pancarte : « A Hasbaya, merci de la part des familles de Khiam. » Les automobilistes s’arrêtent prendre les friandises qu’ils leur offrent pour l’Aïd-el-Fitr, la fête qui marque la fin du mois de ramadan, et leur glisser un mot de soutien. Trentenaires, ils vivent déjà leur troisième guerre et leur troisième déplacement.

Après les guerres de l’été 2006 et de l’automne 2024, ils ont dû fuir Khiam, une ville à majorité chiite, frontalière d’Israël, après la reprise des combats entre le Hezbollah et l’Etat hébreu, le 2 mars. Bénévoles au sein de la cellule de crise que leur maire, lui aussi en exil, a mise en place pour assister les familles dispersées par la guerre, avec le soutien de la diaspora, ils aident les 220 familles installées à Hasbaya.

Les trois jeunes hommes ont remis leur sort entre les mains du Hezbollah. Le parti-milice chiite oppose une résistance acharnée à l’armée israélienne, qui cherche à prendre le contrôle de Khiam depuis vingt jours, dans une bataille qui se joue à huis clos. « Nous ne voulons pas la guerre, mais lorsque notre dignité est attaquée et que nos maisons sont occupées, nous devons nous défendre », justifie Bassem Awada. Le policier fait parfois la route jusqu’à Marjeyoun, à 15 kilomètres d’Hasbaya, pour vérifier si sa maison, visible depuis la ville chrétienne, est toujours debout. Les bruits de kalachnikov indiquent que des combats rapprochés y ont lieu.

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