Le hall d’entrée du théâtre de Draguignan (Var) s’est rempli, dimanche soir, d’une foule compacte et tendue. C’est ici que sont centralisés tous les votes de l’ancienne préfecture du Var. Au centre de la pièce, protégés du monde par de lourdes barrières en fer, les scrutateurs dépouillent les bulletins. Autour d’eux, des centaines de personnes sont rivées à l’écran géant où les résultats sont projetés en direct.
Personne ne se souvient d’avoir vécu une telle soirée d’élection dans la ville. Certains appellent leur famille, tentent de tenir les proches au courant en appel vidéo, malgré le réseau capricieux. L’écart est minime. Un peu avant 20 heures, le résultat définitif est annoncé : le maire sortant, Richard Strambio, sans étiquette, est réélu face au député RN Philippe Schreck. Une explosion de joie retentit. La semaine précédente, à l’issue du premier tour, certains électeurs avaient scandé « on est chez nous ! » en apprenant que le candidat d’extrême droite avait quatre points d’avance.
Dimanche 22 mars, 206 voix ont finalement empêché la ville d’être gouvernée par le RN pour la première fois de son histoire. Si le département est plutôt habitué aux bons scores de l’extrême droite, le parti de Jordan Bardella peinait, jusqu’à présent, à s’installer dans les terres, loin de la côte. Cela a changé dès le premier tour du scrutin, quand plusieurs villes moyennes de l’arrière-pays varois ont vu arriver des candidats lepénistes en tête.
Longues journées de porte-à-porte
La ville de Draguignan, avec ses 41 000 habitants, son tissu social modeste, et un niveau de chômage plus élevé que les communes touristiques du littoral, faisait partie des villes cibles du RN. Dès le lundi, Philippe Schreck a fusionné avec la liste divers droite de François Gibaud, qui avait réuni 6,87 % des voix au premier tour, pour tenter de barrer la route au maire sortant. Les équipes de Richard Strambio, kinésithérapeute de profession, ont dû redoubler d’efforts pour mobiliser les administrés. Avec la fusion des listes, leur candidat accusait un retard de plus de dix points. Alors, pendant de longues journées de porte-à-porte, ils ont tenté de sensibiliser les électeurs abstentionnistes à l’importance du vote.
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