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« On ne bougera pas tant que le gouvernement n’annoncera pas de mesures d’urgence ». Bonnet vissé sur la tête, gants, capuche et gros anorak sur le dos, Cédric Baron campe, sur la bretelle d’autoroute de l’A64, qui mène à Carbonne, à environ 40 kilomètres de Toulouse.

Commencée jeudi, l’occupation mobilise entre 100 et 200 agriculteurs, selon les heures. La route qui mène vers le massif des Pyrénées était encore barrée, dimanche 21 janvier, par une centaine de tracteurs. « On est venus ici suite à la manif de Toulouse de mercredi où 2 000 personnes ont investi la ville » précise cet exploitant qui, comme la plupart dans cette région du Volvestre, élève des vaches et cultive des céréales.

La Fnsea, ainsi que les Jeunes agriculteurs (JA), sont bien là, mais « le mouvement est plus large, on ne veut pas que ce soit uniquement eux qui portent nos revendications », précise M. Baron. A Toulouse, Philippe Jougla, le président régional de la Fnsea a d’ailleurs été hué en fin de manifestation, tandis qu’il voulait mettre un terme à ce début de fronde du monde agricole.

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Epidémie et hausse du carburant

Les revendications tiennent en plusieurs points. Depuis septembre 2023, des cas de la maladie hémorragique épizootique (MHE) ont été déclarés dans des élevages de bovins du sud-ouest. Due à un virus et transmise exclusivement par des moucherons, cette maladie infectieuse commence à faire des ravages. « Sur 450 bêtes, j’ai 95 vaches touchées », affirme Sylvain Castex, éleveur à Saint-Gaudens, au pied des Pyrénées.

A ce jour, les frais de vétérinaires ne sont pas remboursés et, surtout, les éleveurs font face à de la mortalité ou à de nombreux cas d’avortements dans leurs cheptels, qui représentent autant de manque à gagner pour la vente des veaux. Sur RTL, dimanche midi, Marc Fesneau, ministre de l’agriculture a promis l’ouverture « fin janvier début février » d’un guichet unique pour « soulager les trésoreries ». Cette aide se fait attendre. « C’est vraiment ça qui a déclenché l’important mouvement, en plus des autres hausses en tous genres ou normes de plus en plus contraignantes à respecter » précise Sylvain Castex.

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Dès les manifestations de milieu de semaine, la profession a en effet réclamé des aides pour compenser l’augmentation annoncée du gazole non routier (GNR). Bénéficiant jusqu’à présent d’une défiscalisation, le prix de ce carburant, qui sert à faire tourner tracteurs et machines agricoles, les agriculteurs s’attendent à une hausse de 20 centimes en janvier, passant de 1 euro à environ 1,20 euro le litre.

« Chaque mois, on remplit les cuves et on paie à livraison, ça ne va pas être tenable » témoigne Jérémy Cabal, qui élève vaches, moutons et volailles à Peyssies (Haute-Garonne). Touché lui aussi par la maladie du moucheron, il estime avoir perdu 20 000 euros de revenus en 2023. « Il y a aussi le rôle des grossistes, qui nous tiennent par des marges de plus en plus faibles ou encore les retards de paiements de clients, on est à bout » confie-t-il.

Besoins en eau

Samedi 20 janvier, une délégation de représentants du monde agricole a été reçue par le préfet d’Occitanie, Pierre-André Durand. « Il nous a baladés et ne fait aucune proposition concrète », peste Cédric Baron. « Du coup, on va rester là tant que le gouvernement n’annonce de mesures fortes et s’il le faut, on ira bloquer Paris », promet-il.

Ailleurs dans la région Occitanie, d’autres barrages se sont formés. A Tarbes (Hautes-Pyrénées), mais aussi dans le Gers ou en Ariège, des barricades ou barrages filtrant sont apparus samedi et dimanche. A Carbonne, le maire Denis Turrel (Parti socialiste) apporte son « soutien total à ces premiers acteurs de l’environnement. Mardi, on votera une motion de soutien au conseil municipal » déclare-t-il.

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Présente également sur le barrage, Maryse Vezat-Baronia, vice-présidente du conseil départemental de Haute-Garonne en charge du développement territorial, a entendu les autres demandes du secteur. Notamment celle, récurrente, du besoin en eau et de demandes de constructions de petits barrages ou retenues d’eau. Dimanche, en milieu d’après-midi, après les grillades et la distribution de cafés, chacun était prêt à maintenir le campement improvisé sous un pont de l’A64.

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