Sous les applaudissements de ses supporters venus assister à l’événement, Côme Dunis, 36 ans, s’est installé dimanche 26 mars dans le fauteuil de maire de Montargis, devenant ainsi le premier maire de la ville issu du Rassemblement national (RN). Elu avec 34,64 % des voix, soit seulement 59 votes d’avance sur la liste d’union de la gauche conduite par Bruno Nottin, 51 ans, et 91 suffrages de plus que le maire sortant des Républicains (LR), Benoît Digeon, 72 ans, M. Dunis s’est adressé à ses opposants lors de son premier discours, les invitant à travailler « main dans la main ». Des mots qui s’expliquent par ces résultats très serrés, qui ont vu deux tiers des Montargois exprimer un autre vote que le RN. D’autant que l’abstention est restée forte au second tour avec près de 53 % de participation dans une commune qui ne compte qu’un peu moins de 8 000 inscrits pour 15 000 habitants, témoignant d’un grand nombre de mineurs, d’étrangers et de non-inscrits.

Le communiste Bruno Nottin a répondu à la main tendue du nouveau maire par un discours d’opposition offensif, promettant de se poser en « rempart démocratique ». Le socialiste Dalip Vehapi, qui a choisi de siéger à part, a plaidé pour une « opposition responsable et attentive au bien des Montargois ». Le groupe LR ne s’est pas exprimé.

La passation s’est passée sans heurt avec le maire sortant, Benoît Digeon, qui, pendant son mandat, refusait tout contact avec le RN. Il souligne avoir tout fait pour assurer une bonne transmission des dossiers, « pour le bien de la ville et de ses habitants ». De lourds projets d’urbanisme attendent M. Dunis, dont l’achèvement du gros de la réhabilitation de la rue du Général-Leclerc dans le cadre du programme Action cœur de ville, et celui de la caserne Gudin, une énorme emprise militaire désaffectée depuis le début des années 2000 et acquise à l’Etat en 2019 : malgré la multiplicité de projets (hôtel, IUT, etc.), elle reste aujourd’hui à l’état de friche, notamment à cause des innombrables recours en justice déposés par l’ancienne Liste citoyenne, qui a échoué, cette année, à faire élire des conseillers municipaux, pour la plus grande satisfaction de M. Digeon, qui leur voue une rancune tenace.

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