
« Le monde souffre d’une épidémie d’homosexualité ». « Le choix vous appartient : la charia ou l’arrêt immédiat de tout droit de vote féminin ». « Il faut comprendre qu’une partie de la communauté musulmane française a muté en mafia ». Aucune antenne de radio ne pourrait diffuser ce genre de propos, potentiellement qualifiables d’insultes ou relevant de préjugés homophobes, sexistes ou racistes, sans risquer de tomber sous le coup de la loi.
Les plateformes musicales telles que Deezer, Spotify, Apple Podcast ou Amazon Music, en revanche, ont toutes diffusé le podcast « 10 000 pas » dans lequel l’influenceur d’extrême droite Ismaïl Ouslimani, connu sous le nom du « Raptor », a prononcé ces phrases. Intitulé « Les Frances parallèles », l’épisode, diffusé le 31 août 2025 et toujours en ligne, a fait l’objet de la première saisine de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) pour un podcast, a appris Le Monde. L’Arcom a jugé cette requête recevable, et l’instruira dans les prochaines semaines.
Cette décision est inédite tant les pouvoirs du régulateur en matière de podcast sont limités, voire inexistants. En effet, « la directive sur les services de médias audiovisuels nous donne des compétences en matière de vidéos, que nous n’avons pas dans l’audio », explique Romain Laleix, conseiller en charge des radios et de l’audio numérique à l’Arcom. Ce texte, qui s’applique aux éditeurs de contenus, devant être révisé d’ici à douze à dix-huit mois, l’Arcom a recommandé à la Commission européenne, fin décembre, de remédier à cette lacune.
Il vous reste 58.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



